bandeau peda 1500x120 r

Je suis passée au plan de travail

Contexte : après des années de fonctionnement collectif en cycle 2 avec une exigence de différenciation par adaptation aux difficultés de chacun, l’enseignante arrive en CM1-CM2. L’hétérogénéité est plus intense et son système d’adaptation lui fait avoir jusque 7 niveaux de dictées par exemple. Elle se met à douter de l’efficacité de cette pratique. En accord avec une collègue, elle décide de passer à un dispositif de différenciation basé sur des moments de plan de travail identifiés dans l’emploi du temps de la classe.

Elle évoque, lors d’un entretien, un des changements profonds qui s’est opéré à cette occasion.

 

Je suis devenue vraiment adepte du plan de travail parce que cela permet ne pas oublier les bons élèves alors que j'avais tendance à les oublier. J'en étais vraiment frustrée mais les autres avaient trop besoin de moi. Au final, je ne passais pas assez de temps avec les bons élèves.

Avec le plan de travail, les bons élèves font énormément de progrès. Certes cela accentue les différences mais chaque enfant progresse ; les plus forts comme les plus faibles. 

Moi, cela me permet d'avoir du temps avec tous les enfants parce qu'ils font leurs exercices, ils viennent se faire corriger ; on est alors en relation duelle.  J'explique les erreurs, ils retournent travailler et se corrigent. L'exercice n'est validé que s'il est entièrement juste.

Je sais qu'il existe des tas de méthodes de plan de travail différentes mais celui que ma collègue m'a expliqué c'est qu’un exercice n’est validé que quand il est réussi ; ils peuvent y revenir trois, quatre fois. Je n'avais jamais fait ça. Avant je faisais des trucs qui n’étaient pas efficaces pour l'enfant. Par exemple, l’élève faisait un exercice dans le cahier, j’annotais avec un « très bien » ou un « à revoir » ou encore un « fragile » mais on n’y revenait pas. L'enfant qui avait « à revoir » je n'avais aucun moyen de savoir s'il l'avait revu chez lui. Alors qu'avec le plan de travail il revient puisque ce n’est toujours pas validé et je continue à l’accompagner. Entretemps, un bon élève vient se faire valider et s’il a tout juste je lui mets un point bleu et je le félicite. Je lui dis qu’il a super bien compris et que, la prochaine fois, il fera quelque chose d’un peu plus dur. Ainsi, ils ont tous leurs moments avec la maitresse.

Avant de fonctionner comme ça les élèves qui étaient autonomes et en réussite n’étaient félicités qu’à l'oral, en grand groupe.  Seuls les autres avaient un moment avec la maitresse ; souvent de longs moments. Avec le plan de travail, maintenant, ils en ont tous. 

C. Perez, enseignante, 2020

Site conçu par la "Team PIDAPI-GEEK"  avec joomla et template creator (merci Cédric K) : histoire de ce site.

L'association PIDAPI a pour but de coopérer pour créer des outils et des moments de formation pour faciliter la personnalisation des apprentissages dans les classes. 

Mentions légales - Contacter l'adminstrateur du site